Hoffmann / 3 Contes (2014)

D’après les Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach

Adaptation du livret : Grégory CAUVIN

Direction musicale / transcription pour piano et violon : Nicolas KRUGER

Mise en scène : Grégory CAUVIN

Scénographie : Antoine LOUDOT

Création lumières : Jérôme GOUDOUR

Costumes : Danièle BARRAUD

Piano : Nicolas Kruger ou Mara Dobresco (en alternance) / Violon : Pablo Schatzman

Avec : Audrey Escots, Alix le Saux, Manuel Nunez Camelino, Ronan Debois, Jean-Michel Ankaoua

Coproduction : Opéra de Nice Côte d’Azur & Théâtre de Grasse (06) / création mars 2014

 

Seule incursion du compositeur dans une veine véritablement lyrique, ultime chef-d’œuvre, Les Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach constituent un ouvrage particulièrement fascinant. Tout d’abord, parce qu’Offenbach étant décédé pendant les répétitions, un certain nombre de doutes demeurent sur ses intentions finales et laissent un goût d’inachevé. De ce fait, il n’existe pas aujourd’hui une seule et unique version des Contes mais bien plusieurs. Elles se sont constituées au cours des reprises : les unes utilisent des extraits d’autres ouvrages du compositeur pour compléter les passages manquants (chez Gunsburg, dans la version Oeser…) , d’autres encore proposent de découvrir des pages retrouvées (comme la récente version Keck). Dans chacune d’entre elles, nombre de passages clés de l’opéra divergent jusqu’à l’enchainement même des actes offrant au final des opéras bien différents. Cependant, jamais l’une d’entre d’elles ne s’est véritablement imposée, rendant le choix d’utiliser l’une ou l’autre version toujours possible.

D’autre part, le sujet même de l’opéra et de son traitement en font un ouvrage d’une richesse théâtrale rarement égalée. Quoi de plus excitant qu’une intrigue où les personnages ne cessent de s’affronter – et de s’aimer !- en traversant des lieux et des époques différents derrière de multiples personnalités ? Cerise sur le gâteau : tout commence à deux pas d’un théâtre et l’ombre de l’Opéra plane en permanence ! Il n’est donc pas étonnant que Les Contes soient l’un des opéras les plus joués encore aujourd’hui dans le monde.  De Py à Chéreau en passant par Carsen, de grands noms de la mise en scène n’ont pas résisté à en donner leur propre vision.

Pourquoi alors monter une énième version des Contes ?
C’est le pari que nous souhaitons relever. Même si quelques productions s’y sont risquées, le problème de cet opéra réside d’abord dans son extrême difficulté vocale pour l’héroïne qui empêche le plus souvent d’utiliser une seule et même interprète pour l’ensemble des actes. D’ailleurs, pendant longtemps aussi, le rôle du diable a été souvent partagé pour de semblables raisons. Proposer une version de chambre, plus intimiste, peut permettre de dépasser vraiment cette limite et de répondre au souhait dramaturgique d’Offenbach.  Or, pour nos Contes, nous avons décidé d’aller encore plus loin et de limiter le nombre de chanteurs au strict minimum – en supprimant beaucoup de rôles secondaires – afin que tous les personnages en viennent à se démultiplier au cours des actes.  Un peu comme dans un rêve où l’on pioche sans arrêt dans les éléments de son quotidien pour inventer l’histoire. Mais nous avions aussi le désir de souligner par ce principe une sorte de mise en abime en jouant sur l’idée d’une troupe théâtrale qui donne à voir un spectacle, qui interprète un opéra, pour mieux coller encore à l’atmosphère voulue par le compositeur.

Car, nous le voyons bien, Les Contes – comme l’ensemble des ouvrages d’Offenbach – constituent une ode à la machine théâtrale. Aussi, alors que les productions lyriques des grandes maisons usent de tous les meilleurs effets techniques pour représenter cet ouvrage avec une avalanche de moyens en tous genres, notre proposition cherchera à retrouver une certaine forme d’artisanat théâtral en limitant les effets mais en jouant surtout sur l’humain et sur le jeu du comédien. Faire de nos Contes une petite machine lyrique nous permettra, je l’espère, d’en souligner différemment la force dramatique et musicale – en s’inspirant d’ailleurs librement des multiples versions existantes puisqu’il s’agit d’une adaptation – avec cet atout non négligeable de pouvoir les porter sur toutes les scènes et devant tous les publics, volonté si chère à notre compagnie depuis sa création.

 

Durée du spectacle : 1h45
Représentations :

  • Théâtre de Grasse
  • Opéra de Nice
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