La Chatte métamorphosée en femme / L’île de Tulipatan (2010)

La Chatte métamorphosée en femme, Jacques Offenbach
L’île de Tulipatan, Jacques Offenbach

Léa Sarfati, Véronique Chevallier, Richard Bousquet, Humberto Ayerbe-Pino, Claude Castel.
Nelly Fourcade : piano
Conception et mise en scène : Grégory Cauvin

Chorégraphie : Audrey Vallarino

 

Les amours impossibles… Voilà un sujet très fréquemment traité à l’opéra, et qui ne prête pas souvent à rire. Mais lorsque Jacques Offenbach décide de s’y intéresser, on ne peut qu’être intrigué de la façon dont il va réussir à s’en emparer avec toute l’excentricité qu’on lui connaît habituellement.

C’est ainsi qu’au travers de deux petits ouvrages en un acte, il parvient encore à nous surprendre en inventant, avec ses librettistes, des contrariétés amoureuses tout à fait rocambolesques. Tout d’abord, avec La Chatte métamorphosée en femme, sur un livret de Scribe et Mélesville, représentée en 1858, qui s’inspire de la fable éponyme de Jean de la Fontaine. Un jeune homme, qui s’est coupé du monde après avoir été ruiné, croit que sa chatte, le seul être dont il souhaite encore être aimé, peut être transformée en épouse grâce à une amulette indienne. En apprenant à ses dépens que s’éprendre d’un animal n’est pas plus aisé que courtiser un être humain, il ne sait pas qu’il est en réalité victime d’un stratagème élaboré par sa cousine afin qu’il consente à l’épouser. Tout finit fort heureusement par un mariage. Dans L’Ile de Tulipatan, « à 25000 kilomètres de Nanterre, 473 ans avant l’invention des crachoirs hygiéniques », comme l’indiquent les auteurs Chivot et Duru pour sa création en 1868, c’est la fille du Grand Sénéchal qui est éprise du prince Romboïdal. Oui, mais voilà : c’est un garçon manqué et lui est très efféminé. La cause ? Hermosa est en réalité un garçon et lui est une fille car pour faire plaisir aux parents on a dû modifier leur sexe à l’Etat civil le jour de leur naissance. Et jusqu’à ce que tout soit révélé, il paraît bien impossible d’organiser des fiançailles et cela occasionne à tous bien des tourments. Mais là encore, tout finira par une chanson.

Au final, une opérette proche du fantastique et un opéra bouffe qui flirte avec l’absurde. Mais surtout une musique toujours aussi efficace à la fois poétique et pleine d’humour. Bref, une soirée pour tous qui saura ravir petits et grands car chacun, au travers de ces folles histoires qui soulèvent néanmoins des thématiques profondes (Les animaux valent-ils mieux que les hommes ?, qu’est-ce qu’être un garçon et être une fille ?), saura y trouver son compte.

 

Représentations :

Théâtre de la Cité de Nice
Festival « Opéra des Landes » de Soustons
Festival « Musique et Patrimoine » de Chinon (coproduction
avec l’orchestre de chambre d’Ile-de-France direction J.W
Audoli)

« La Chatte métamorphosée en femme » (2è version)
Nouvelle distribution : Léa Sarfati, Richard Bousquet, Jeanne-Marie Lévy, Jérôme Sieurin.
Direction musicale et piano : Laurent Touche

Représentations :
Théâtre des Variétés de Monaco
Festival « Les Nuits de Brou »